Whippet croisé Barzoï : Quand les standards donnent envie d’explorer plus loin
En revenant des Whippet’s Days, j’avais encore en tête toutes ces silhouettes et ces discussions autour du standard du Whippet. Observer une race de près donne parfois envie d’en comprendre d’autres, même lorsqu’elles ne sont pas reconnues de la même façon ou seulement liées de loin à notre Whippet préféré. C’est ainsi que j’en suis arrivée au Whippet croisé Barzoï.
À première vue, on imagine un lévrier fin, élégant, rapide, avec une touche plus soyeuse, plus aristocratique. Une sorte de rencontre entre la finesse du Whippet et la majesté du Barzoï.
Pourtant, derrière cette formule un peu facile se cache une histoire plus précise : celle du Lévrier de soie, ou Silken Windhound. Un chien rare, moderne, encore méconnu, qui n’est pas simplement né d’un croisement improvisé, mais d’un véritable travail de sélection.
Autrement dit, le Whippet croisé Barzoï est une porte d’entrée. Mais pour comprendre le Lévrier de soie, il faut aller plus loin que l’image séduisante du mélange parfait.
Lévrier de soie : une race moderne née d’une idée précise
Une création américaine récente
Pour commencer, précisons que le Lévrier de soie n’est pas une race ancienne. C’est une race récente, développée aux États-Unis, au Texas, dans les années 1980. Les sources officielles du club américain expliquent que les premiers Silken Windhounds ont été développés à Austin, au sein de l’élevage Kristull de Francie Stull, avec une première portée datée de 1985.
Ce détail change beaucoup de choses.
En effet, nous ne sommes pas face à un lévrier ancestral façonné par plusieurs siècles d’usage, comme le Barzoï ou d’autres races anciennes. Nous sommes face à une création cynophile récente, documentée, pensée et suivie.
Cela peut faire tiquer certains passionnés. Pourtant, il ne faut pas oublier que toutes les races ont bien commencé quelque part. Le Whippet lui-même n’est pas apparu par magie, avec son standard sous la patte et sa couverture polaire sur le canapé.
Une race est toujours le résultat d’une histoire humaine. Elle naît d’un besoin, d’une fonction, d’un goût, d’une sélection, puis d’une volonté de fixer certains caractères. Le Silken Windhound a simplement une histoire plus récente, donc plus visible.
Le projet de Francie Stull
A la base, Francie Stull était éleveuse de Barzoïs. Elle connaissait donc parfaitement l’élégance, l’allure et la présence de ces grands lévriers à poil long. Mais elle souhaitait créer un lévrier plus petit, plus facile à vivre au quotidien, tout en conservant la beauté d’un lévrier soyeux. Le United Kennel Club décrit d’ailleurs cette recherche comme celle d’un lévrier plus petit, au bon tempérament, au poil long et adapté à la vie de famille.
Dans cet esprit, le projet n’était pas de produire un chien original pour attirer les regards. L’objectif était plus subtil : créer un lévrier de taille petite à moyenne, élégant, sportif, proche de l’humain, avec un poil soyeux, mais sans l’envergure parfois impressionnante du Barzoï.
Autrement dit, le Lévrier de soie devait remplir une place que Francie Stull ne trouvait pas vraiment occupée. Il s’agissait de créer une race avec sa propre cohérence.
C’est là que l’expression Whippet croisé Barzoï devient à la fois utile et trompeuse. Utile, parce qu’elle donne une image immédiate. Trompeuse, parce qu’elle fait croire qu’un simple mélange suffit à créer une race.

Whippet, Barzoï et poil long : Des influences à ne pas confondre
Ce que le Whippet évoque dans cette histoire
Le Whippet représente ce lévrier de format accessible, rapide, sensible, élégant, capable de vivre près de l’humain sans perdre son identité de sprinteur. Il a cette finesse qui semble fragile à première vue, alors qu’elle cache souvent une vraie puissance, une grande souplesse et une intensité parfois très surprenante.
Dans l’idée du Lévrier de soie, on retrouve quelque chose de cet esprit. Un format moins imposant que celui du Barzoï. Une silhouette plus compatible avec la vie de famille moderne. Une recherche de légèreté, de vitesse, de proximité.
Mais il faut rester juste : le Silken Windhound n’est pas un Whippet à poil long.
| D’ailleurs, si le sujet du Whippet à poil long vous intrigue, j’en parle aussi dans mon article consacré au Whippet à poil long : Comment est né le Silken Windsprite ? |
Il ne faut surtout pas tout mélanger entre Whippet, Longhaired Whippet, Windsprite et Silken Windhound.
Le poil long change énormément notre perception d’un chien. Chez le Whippet, le poil ras révèle chaque courbe, chaque muscle, chaque ligne. Chez le Lévrier de soie, le poil adoucit la silhouette. Il donne une impression plus fluide, plus enveloppée.
Mais sous le poil, l’enjeu reste le même : le chien doit rester construit comme un lévrier. Il doit pouvoir bouger, courir, respirer, se tenir, se propulser. La beauté n’a de sens que si elle accompagne le mouvement.
Ce que le Barzoï a apporté à l’imaginaire du Lévrier de soie
Le Barzoï, lui, apporte immédiatement une autre dimension.
Il suffit d’en voir un pour comprendre. Le port de tête, la longueur du corps, le poil, la noblesse de l’allure, cette façon de sembler flotter plus que marcher. Le Barzoï marque les esprits.
Dans le projet du Silken Windhound, cette influence est importante. Francie Stull venait du monde du Barzoï, et la race qu’elle a imaginée conserve clairement quelque chose de cette élégance de lévrier à poil long. Le standard UKC décrit d’ailleurs le Silken Windhound comme un lévrier élégant, de taille petite à moyenne, au poil modérément long et soyeux, avec une construction athlétique et une impression de grâce, d’équilibre et de force.
Cela dit, le Lévrier de soie n’est pas un Barzoï miniature.
Et c’est une nuance essentielle.
Un Barzoï miniature serait peut-être très séduisant sur une photo, mais ce n’était pas le cœur du projet. Le Silken Windhound devait devenir autre chose. Pas une réduction. Ni une copie. Et pas non plus un compromis bancal entre deux races.
Une race à part.
Le rôle souvent oublié des Longhaired Whippets
L’histoire se complique encore un peu avec les Longhaired Whippets, souvent associés au nom Windsprite selon les contextes.
C’est précisément pour cela qu’il faut éviter les réponses trop rapides. Le Lévrier de soie n’est pas né d’un simple face-à-face entre Whippet et Barzoï. Les sources historiques mentionnent aussi des lignées de lévriers à poil long, ce qui explique une partie de la confusion entre Silken Windhound, Longhaired Whippet et Silken Windsprite.
Pour un lecteur, tout cela peut sembler très technique.
Pourtant, l’idée simple à retenir est la suivante : le Whippet croisé Barzoï est une image mentale, pas une définition exacte.
Elle permet de comprendre pourquoi le Lévrier de soie ressemble à un lévrier de format moyen, avec une robe plus douce et plus longue. Mais elle ne raconte pas toute la sélection qui a permis de fixer un type reconnaissable.
Et c’est toute la différence entre un croisement et une race.

Whippet croisé Barzoï : Pourquoi un croisement ne suffit pas à créer une race
Une portée ne fait pas une race
En effet, beaucoup de personnes imaginent encore les races comme des recettes.
On prend un peu de Whippet. On ajoute un peu de Barzoï. Et on obtient un Lévrier de soie. Sauf que la génétique est nettement plus compliquée.
Un croisement de première génération peut donner des chiots très différents les uns des autres. Certains ressembleront davantage au Whippet. D’autres prendront plus du Barzoï. Certains auront un poil plus long, d’autres un poil plus discret. Certains seront plus grands, plus sensibles, plus indépendants, plus chasseurs ou plus proches de l’humain.
C’est exactement pour cela qu’une race ne se construit pas en une portée.
Il faut plusieurs générations. Il faut observer ce qui se transmet. Et il faut choisir les chiens qui correspondent le mieux à l’objectif. Enfin, il faut écarter certaines directions, en renforcer d’autres, surveiller la santé, le tempérament, le mouvement, la morphologie et la cohérence générale.
C’est long. C’est exigeant. Et ce n’est pas très compatible avec l’idée romantique du croisement parfait.
Le standard comme boussole
Le standard joue alors un rôle essentiel.
Celui-ci ne sert pas seulement à juger des chiens en exposition. Il donne une direction. Il décrit ce que la race doit être, dans son apparence générale, son mouvement, son caractère, sa construction et ses défauts à éviter.
Dans le cas du Silken Windhound, le United Kennel Club a reconnu la race le 18 mars 2011. Le standard insiste sur son identité de lévrier élégant, athlétique, capable de courir, avec une impression de grâce et de force équilibrées.
C’est ce point qui me paraît très important après un événement comme les Whippet’s Days.
Quand on regarde des chiens à travers un standard, on ne cherche pas seulement le plus beau. On cherche la cohérence. On cherche le chien qui exprime une race sans perdre sa fonctionnalité. Et on apprend à regarder le mouvement, les proportions, l’équilibre, l’ensemble.
Et finalement, cela aide aussi à mieux regarder son propre Whippet.
Parce qu’un Whippet n’est pas juste une belle silhouette fine. C’est un chien construit pour courir, avec une morphologie qui doit rester utile, saine et harmonieuse.
Le Lévrier de soie, dans une autre histoire et avec un autre standard, pose la même question : comment créer de la beauté sans perdre la fonction ?
Tempérament du Lévrier de soie : Un cousin du Whippet, mais pas son double
Un lévrier doux, sportif et proche de l’humain
Le Silken Windhound est généralement décrit comme un chien doux, intelligent, proche de sa famille, mais aussi capable de montrer un vrai tempérament de lévrier lorsqu’il est en mouvement. Le standard du UKC rappelle qu’il garde une aptitude à la course (cynodrome) et au coursing (PVL), ce qui est essentiel pour ne pas le réduire à son apparence soyeuse.
Forcément, cela fait penser au Whippet.
Le Whippet aussi peut être incroyablement tendre, très attaché à son humain, parfois discret, parfois clownesque, parfois d’une délicatesse presque déroutante. Puis, en quelques secondes, il peut devenir une fusée, concentrée sur le mouvement, l’espace, la vitesse.
Aussi, avec Pimprenelle, je retrouve souvent ce contraste. Le confort est presque une affaire d’État, mais dès que le contexte s’y prête, le lévrier reprend toute sa place. Et c’est peut-être ce qui rend ces chiens si fascinants. Ils ne sont jamais uniquement ce que leur apparence raconte.
Le Lévrier de soie semble appartenir à cette même famille d’émotions et de vitesse. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit identique au Whippet.

Le piège du chien “plus facile”
Il faut se méfier d’une idée très séduisante : celle du chien qui prendrait le meilleur de deux races sans hériter de leurs exigences.
Un Whippet croisé Barzoï, dans l’imaginaire, pourrait devenir le chien idéal. Plus petit qu’un Barzoï, plus spectaculaire qu’un Whippet, plus doux, plus élégant, plus rare, plus original.
Mais un chien réel n’est jamais une promesse marketing.
Un Lévrier de soie reste un lévrier. Il peut avoir un instinct de poursuite. Il peut être sensible. Et il peut demander de vraies sorties, des moments de liberté en sécurité, une éducation cohérente et respectueuse, ainsi qu’une attention particulière à son équilibre émotionnel.
Ce n’est pas parce qu’un chien est soyeux qu’il est simple. Et ce n’est pas parce qu’une race est rare qu’elle correspond à tout le monde.
Une race rare qui demande plus de patience
La rareté ajoute même une difficulté supplémentaire.
Quand une race est peu connue, on trouve moins de retours d’expérience, moins d’éleveurs accessibles, moins de chiens adultes à rencontrer, parfois moins de recul local. Cela peut rendre le choix plus compliqué. Il faut donc prendre le temps.
Rencontrer des chiens. Échanger avec des éleveurs sérieux. Poser des questions sur les lignées, la santé, le tempérament, le mode de vie, les tests effectués et les attentes envers les futurs adoptants.
Le coup de cœur visuel peut être magnifique. Mais il ne doit pas remplacer la réflexion. Avec les lévriers, les yeux tombent amoureux très vite. Le quotidien, lui, demande autre chose.
Santé et reconnaissance : Où en est le Lévrier de soie aujourd’hui ?
Une reconnaissance encore variable selon les organismes
Dans l’état actuel des choses, le Silken Windhound n’a pas le même statut partout.
Il est reconnu par le United Kennel Club depuis 2011. Plus récemment, l’American Kennel Club l’a accepté dans son Foundation Stock Service en avril 2026, ce qui représente une étape importante, mais pas une pleine reconnaissance AKC. Le Foundation Stock Service permet de tenir des enregistrements pour des races pures encore en développement au sein du système AKC. Cette nuance est importante.
Dire qu’une race est reconnue ne veut pas toujours dire la même chose. Il peut s’agir d’une reconnaissance par un club, par un registre, par un organisme national, par un organisme international ou d’une étape intermédiaire.
Pour un lecteur français, il faut donc rester prudent. Le Lévrier de soie existe comme race suivie, avec des standards et des registres, mais cela ne signifie pas qu’il bénéficie partout du même statut administratif ou cynophile.
Une race séduisante, mais pas sans vigilance
Côté santé, le Silken Windhound est souvent présenté comme une race active et globalement robuste. Mais là encore, il faut éviter les raccourcis.
Aucune race n’est sans problème. Aucun élevage sérieux ne devrait vendre du rêve sans transparence. Et aucun futur adoptant ne devrait se contenter d’une belle photo.
Avant de s’intéresser à un Lévrier de soie, il faut regarder le sérieux de l’élevage, le suivi des lignées, les tests réalisés, la cohérence du discours, le tempérament des reproducteurs et les conditions de vie des chiens.
C’est valable pour le Silken Windhound. Mais c’est valable pour le Whippet. Et bien entendu, c’est valable pour n’importe quelle race. La beauté attire. Le sérieux protège.
Et dans le cas d’une race rare, cette prudence devient encore plus importante.

Lévrier de soie : Ce que ce Whippet croisé Barzoï nous apprend vraiment
Pour conclure, le Lévrier de soie est un sujet passionnant pour les amoureux du Whippet, non pas parce qu’il serait une version améliorée de notre lévrier préféré, mais parce qu’il nous oblige à regarder les races avec plus de nuance.
L’expression Whippet croisé Barzoï permet de visualiser rapidement ce chien rare : une silhouette fine, une élégance de lévrier, un poil soyeux et un format plus accessible que celui du Barzoï. Mais elle reste trop courte pour le définir.
Car le Silken Windhound n’est pas un simple mélange entre deux races. C’est une race moderne, née d’une intention précise, d’un travail de sélection et d’une volonté de fixer un type cohérent.
Et c’est peut-être ce qui rend son histoire si intéressante. Elle nous rappelle qu’une race ne se résume jamais à une apparence. Elle porte aussi une histoire, un standard, des choix d’élevage et des besoins bien réels.
Finalement, le Lévrier de soie nous pousse aussi à mieux regarder ce que nous aimons déjà chez nos Whippets : la finesse, le mouvement, la sensibilité, le lien avec l’humain, et cet équilibre précieux entre élégance et fonction.
Et vous, comment voyez-vous ce Whippet croisé Barzoï ? Connaissiez-vous déjà le Lévrier de soie ? Le voyez-vous plutôt comme un cousin du Whippet, comme un Barzoï en format plus accessible, ou comme une race vraiment à part entière ?
Dites-le-moi ci-dessous dans « Laisser un commentaire ». Je suis curieuse de connaître votre première impression, surtout si vous aussi, vous avez cette faiblesse très dangereuse pour les silhouettes de lévriers 😄
Quelques informations complémentaires
- « Kristull Silken Windhounds – Right from the beginning » – Silken Windhounds
- « History of the Breed » – Silken WindHounds Club Of America
- « Silken Windhound » – United Kennel Club Dogs

