Laura et sa Whippet Pimprenelle devant une affiche de sensibilisation pour la Journée mondiale du chien du 26 août.
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Journée mondiale du chien : Comment sensibiliser à la maltraitance

Chaque année, le 26 août, la Journée mondiale du chien met à l’honneur les compagnons qui partagent notre quotidien. Elle nous invite à parler de la place du chien dans nos vies, de l’adoption et de sa protection.

Pourtant, derrière cette façade lumineuse, une réalité plus sombre ne peut pas être passée sous silence.

Si cette journée rend hommage aux chiens heureux, elle doit aussi nous pousser à ouvrir les yeux sur ceux qui souffrent. Violence, abandon, exploitation ou négligence restent le quotidien de nombreux animaux. Or, toutes les maltraitances ne laissent pas de blessures immédiatement visibles.

Parmi les victimes, les lévriers occupent une place particulière. Greyhounds, galgos, salukis et parfois Whippets peuvent être considérés avant tout pour leur vitesse, leurs aptitudes ou leur apparence. Dès qu’ils ne remplissent plus la fonction qu’on leur avait attribuée, certains perdent toute valeur aux yeux de ceux qui les exploitent.

Alors, pourquoi ne pas transformer la Journée mondiale du chien en une prise de conscience ? Comment parler de maltraitance sans seulement choquer, mais en donnant à chacun des moyens d’agir ?

La Journée mondiale du chien ne concerne pas uniquement nos compagnons qui vivent confortablement au sein d’une famille.

Elle nous invite aussi à penser aux chiens accueillis dans les refuges, à ceux qui vivent dans la rue et aux animaux utilisés pour la chasse, les courses, la reproduction ou différentes missions auprès des humains.

Célébrer le chien signifie reconnaître tout ce qu’il nous apporte. Cependant, cela implique également de rappeler les responsabilités qui accompagnent sa présence dans notre vie.

Un chien dépend presque entièrement des décisions humaines pour se nourrir, recevoir des soins, satisfaire ses besoins et se sentir en sécurité. Il ne peut pas prendre lui-même rendez-vous chez un vétérinaire ni quitter un environnement dans lequel il souffre.

Le ministère de l’Agriculture rappelle que le bien-être animal inclut notamment l’absence de faim, de soif, de peur, de stress, de douleur et de maladie. Il suppose aussi que l’animal puisse exprimer les comportements normaux de son espèce dans un environnement adapté.

Ainsi, offrir une gamelle et un toit ne garantit pas à lui seul une vie respectueuse. Un chien a également besoin de soins, de sorties, de repos, d’interactions et d’activités compatibles avec son âge, son état de santé et son tempérament.

Les photographies de chiens heureux montrent la beauté de la relation qui peut unir un animal à sa famille. Toutefois, cette journée offre aussi une visibilité particulière aux refuges et aux associations.

Elle permet de parler d’adoption responsable, de rappeler les signes de souffrance, de corriger certaines idées reçues sur l’éducation canine et de partager les procédures de signalement. Car une sensibilisation efficace ne repose donc pas seulement sur l’émotion, elle apporte des informations fiables et des moyens d’action concrets.

Après tout, rendre hommage aux chiens que nous aimons prend encore plus de sens lorsque nous pensons aussi à ceux qui restent invisibles.

J’en profite d’ailleurs pour vous reparler d’une autre date importante que j’avais détaillée dans mon article consacré à la Journée contre l’abandon: Comment un Whippet finit-il en refuge ? Vous pouvez le (re)lire en cliquant ICI.
Un Whippet devant une affiche de sensibilisation pour la Journée mondiale du chien du 26 août.

Les lévriers impressionnent depuis toujours par leur vitesse, leur silhouette et leurs aptitudes à poursuivre une proie.

Ces qualités ont contribué à façonner leur histoire. Cependant, elles ont aussi conduit certains humains à ne plus voir en eux que leur utilité.

Lorsque le chien devient avant tout un coureur, un chasseur, un reproducteur ou une source de revenus, son bien-être risque de passer au second plan. Sa valeur dépend alors de ses résultats.

Tant qu’il reste rapide, efficace ou rentable, il mérite nourriture et attention. Dès qu’il vieillit, se blesse ou ne répond plus aux attentes, il devient inutile.

Cette logique ne concerne évidemment pas toutes les activités sportives ou tous les humains qui vivent avec des lévriers. Un chien peut pratiquer une discipline dans le respect de son corps, de sa santé et de ses limites.

Le problème apparaît lorsque la performance devient prioritaire sur son bien-être. Le refus de courir, la fatigue, la blessure ou la peur ne sont alors plus écoutés.

Or, un chien n’est pas un équipement sportif que l’on remplace lorsqu’il ne fonctionne plus. Ses capacités ne doivent jamais déterminer la valeur de son existence.

Tous les lévriers ne connaissent pas la même situation. Leurs conditions de vie dépendent du pays, de l’activité pratiquée, de la réglementation et, bien sûr, de leurs humains.

Les Greyhounds et les galgos font régulièrement l’objet d’alertes de la part d’associations de protection animale et de parlementaires européens. En Espagne, les chiens utilisés pour la chasse ont notamment été exclus du champ d’application de certaines dispositions de la loi nationale de protection animale adoptée en 2023, ce qui continue d’alimenter les inquiétudes concernant leur protection.

Ces chiens sont souvent abandonnés ou maltraités lorsqu’ils ne répondent plus aux besoins de leur détenteur. Certains arrivent dans les associations maigres, blessés ou extrêmement craintifs. Au-delà des chiffres, le problème reste bien réel. Aucun chien ne devrait être éliminé, abandonné ou négligé parce qu’il ne chasse plus assez bien ou ne court plus assez vite. Les associations doivent alors le soigner, évaluer ses besoins et le préparer à une vie familiale qu’il n’a parfois jamais connue.

En France, la majorité des Whippets vivent aujourd’hui en bons chiens de famille, entourés et choyés. Leur situation ne peut donc pas être comparée à celle de nombreux galgos ou Greyhounds rescapés.

Pour autant, le Whippet n’est pas à l’abri de la négligence, des violences ou de l’abandon.

Certains arrivent en refuge après un changement familial, des difficultés liées à la solitude, un rappel jugé insuffisant ou une méconnaissance de leur tempérament. D’autres subissent des méthodes éducatives trop dures parce que leur sensibilité est prise pour de la désobéissance.

Sa morphologie peut aussi prêter à confusion. Quelques côtes légèrement visibles ne signalent pas forcément une privation de nourriture. En revanche, une fonte musculaire, des hanches très saillantes, un pelage terne ou un manque d’énergie doivent alerter.

Son poil très court et l’absence de sous-poil rendent également une vie à l’extérieur particulièrement inadaptée.

Enfin, face à la peur, certains Whippets se figent, détournent la tête ou cessent de proposer des comportements. Cette absence de protestation ne doit pas être confondue avec du calme ou de l’obéissance. On parle alors de maltraitance invisible.

Laura avec Pimprenelle, son Whippet noir et blanc, devant un panneau consacré à la protection des chiens.

Certaines situations doivent immédiatement attirer notre attention.

Un chien très amaigri, couvert de blessures ou incapable de se déplacer normalement peut avoir besoin d’une intervention rapide. Il en va de même lorsqu’il ne dispose pas d’eau, de nourriture ou d’une protection suffisante contre les intempéries.

Plusieurs éléments peuvent paraître préoccupants :

  • collier trop serré ou incrusté dans la peau,
  • plaies anciennes non soignées,
  • pelage sale ou parasité,
  • boiterie importante,
  • griffes si longues qu’elles gênent les déplacements,
  • respiration difficile,
  • état d’abattement marqué,
  • importante fonte musculaire.

Les conditions de vie apportent également des informations. Un chien constamment attaché, enfermé dans un espace trop petit ou laissé au milieu de ses déjections, doit aussitôt alerter.

De même, le manque de soins constitue une forme de maltraitance. La réglementation française interdit notamment de ne pas nourrir ou abreuver suffisamment un animal, de ne pas le soigner et de le laisser dans des conditions qui nuisent à son bien-être physique ou mental.

Mais un seul signe ne permet pas toujours de connaître la réalité de la situation. Un chien âgé ou malade peut paraître amaigri malgré une prise en charge sérieuse.

Il faut donc observer l’ensemble de son état et, lorsque cela est possible, la répétition des faits.

Un Whippet au regard inquiet dans un refuge pour chiens, illustration d’une situation de maltraitance ou d’abandon.

La souffrance ne s’exprime pas seulement par des blessures visibles.

Un chien peut trembler, tenter de fuir ou réagir de manière défensive lorsqu’une personne s’approche. Il peut aussi s’aplatir au sol, détourner le regard ou rester prostré pendant de longues périodes.

Ces comportements doivent nous interroger, mais ils ne prouvent pas à eux seuls que l’animal subit actuellement une maltraitance.

Par conséquent, mieux vaut décrire ce que vous observez plutôt que d’inventer une explication.

Vous pouvez constater qu’un chien tremble lorsqu’une personne lève la main. Mais vous ne savez pas forcément ce qui a créé cette réaction. Cette nuance reste essentielle avec les lévriers. Leur réserve et leurs stratégies d’évitement sont parfois mal comprises.

Un Whippet qui reste immobile face à une personne intimidante ne lui accorde pas forcément sa confiance. Il peut simplement ne pas savoir comment se soustraire à la situation.

Quelques minutes peuvent facilement nous tromper.

Un chien aperçu seul dans un jardin peut venir d’y sortir. Une gamelle vide ne signifie pas forcément qu’il ne reçoit pas de nourriture. Quelques aboiements ne prouvent pas qu’il reste abandonné toute la journée.

La durée et la répétition des faits comptent beaucoup.

Si vous voyez régulièrement le même chien attaché sans eau, exposé aux intempéries ou présentant des blessures qui s’aggravent, vos observations deviennent plus significatives.

Notez les dates, les horaires et les faits précis. Évitez les conclusions générales que vous ne pouvez pas vérifier.

Cette prudence ne revient pas à détourner le regard. Elle permet au contraire de transmettre un signalement plus précis, sans provoquer de dénonciation publique ni risquer d’aggraver la situation.

Un Whippet assis devant un stand de sensibilisation à la protection animale lors de la Journée mondiale du chien.

Les images violentes provoquent une émotion immédiate mais pas toujours une véritable prise de conscience.

Pour sensibiliser, privilégions des informations directement utiles :

  • signes qui doivent alerter,
  • besoins fondamentaux du chien,
  • démarches officielles de signalement,
  • coordonnées d’une association reconnue,
  • erreurs éducatives à éviter,
  • gestes de bientraitance.

Le ton joue également un rôle important. Une explication claire et factuelle donnera souvent plus de chances de remettre de mauvaises habitudes en question et ne fermera pas le dialogue.

Bien entendu, si une approche pédagogique ne suffit pas face à une violence volontaire ou à un danger immédiat, le signalement devient indispensable.

Les témoignages permettent de rendre une situation concrète. Ils montrent ce que vivent les chiens et le travail réalisé pour les reconstruire. Mais toutes les publications qui circulent ne sont pas fiables.

Avant de partager une histoire, vérifiez sa date, son origine et qui qui la diffuse. Trop d’images de chiens blessés servent encore à alimenter des cagnottes frauduleuses.

Privilégiez donc les ressources des services publics, des refuges et des associations dont vous pouvez vérifier l’existence et les actions.

Le partage d’un chien à l’adoption mérite la même attention. Ne gommez pas ses difficultés pour le rendre plus attirant. Une adoption durable repose sur une information honnête concernant son âge, sa santé, son tempérament et ses besoins.

La sensibilisation commence aussi auprès des enfants.

Un chien n’est ni une peluche ni un jouet disponible à tout moment. Il peut avoir besoin de dormir, de s’éloigner ou de ne pas être touché.

Apprendre aux enfants à reconnaître quelques signaux simples constitue déjà une forme de prévention :

  • ne pas déranger un chien qui mange ou qui dort,
  • ne pas le serrer de force dans les bras,
  • le laisser s’éloigner lorsqu’il en ressent le besoin,
  • demander l’autorisation avant de caresser un chien inconnu.

Ces règles, non exhaustives, protègent à la fois le chien et l’enfant.

Elles lui apprennent surtout qu’un animal possède ses propres émotions et ses propres limites qu’il faut respecter.

La bientraitance se construit au quotidien, dans des gestes tout simples :

  • respecter le sommeil du chien,
  • consulter rapidement lorsqu’il semble souffrir,
  • adapter les promenades à la météo et à son état physique,
  • lui permettre d’explorer et de renifler,
  • reconnaître ses signaux d’inconfort,
  • choisir une éducation sans intimidation.

Pour un Whippet, cela peut aussi signifier prévoir un couchage confortable, le protéger du froid si nécessaire et lui offrir des occasions de courir dans un espace sécurisé.

Respecter sa sensibilité consiste à lui permettre d’apprendre, de découvrir et de gagner en confiance, avec des expériences proposées progressivement.

Un Whippet installé confortablement et caressé avec douceur pour illustrer la bientraitance du chien.

La Journée mondiale du chien peut devenir l’occasion de soutenir une structure de protection animale. Mais le don financier ne représente pas la seule possibilité.

Selon ses besoins, une association peut rechercher des bénévoles pour promener les chiens, effectuer des transports, prendre des photographies ou participer à des collectes.

Certaines personnes peuvent aussi devenir familles d’accueil, offrant temporairement un environnement familial à un chien dans l’attente de son adoption.

Toutefois, accueillir un lévrier rescapé ne s’improvise pas. Un chien qui a peu connu la vie en intérieur, les promenades urbaines ou la proximité humaine peut avoir besoin de beaucoup de temps. Il faut respecter son rythme sans lui imposer immédiatement toutes les expériences d’une vie familiale.

Avant d’aider, contactez toujours la structure concernée. Elle pourra vous indiquer ses véritables besoins et vérifier que votre proposition correspond aux chiens qu’elle accompagne.

Adopter un chien sauvé constitue un engagement généreux, mais l’émotion ne doit pas être la seule motivation. Un chien qui a connu l’abandon ou de mauvaises conditions de vie peut conserver peur, difficultés de solitude ou d’autres sensibilités. Sa famille doit donc recevoir des informations honnêtes et, si possible, bénéficier d’un accompagnement.

Cette réflexion concerne aussi le Whippet sans passé traumatique. Son élégance ne dit rien de sa sensibilité, de son instinct de poursuite ni de sa possible difficulté à gérer les absences. Une information claire limite les incompréhensions et les séparations ultérieures.

Lorsque vous pensez qu’un chien subit une maltraitance, commencez par rassembler les informations dont vous disposez légalement.

Notez le lieu, les dates, les horaires et les faits observés. Conservez éventuellement des photographies ou des vidéos sans pénétrer sur une propriété privée.

En France, une maltraitance peut être signalée à la police ou à la gendarmerie, notamment grâce à la plateforme officielle accessible en ligne (1). En cas d’urgence ou de faits en cours, contactez immédiatement les forces de l’ordre.

Vous pouvez également contacter les services vétérinaires de la Direction départementale de la protection des populations ou une association de protection animale. Le 3677 propose par ailleurs un service national d’écoute, de régulation et d’orientation ouvert toute l’année.

N’essayez pas de retirer vous-même le chien et ne confrontez pas directement la personne concernée. Une intervention improvisée peut vous mettre en danger, aggraver la situation ou compromettre une action officielle.

Signaler consiste à transmettre des faits afin que les interlocuteurs compétents puissent les vérifier.

Un Whippet regardant une femme avec confiance devant des affiches de sensibilisation à la protection animale.

La Journée mondiale du chien ne devrait pas se limiter à une avalanche de photographies attendrissantes. Elle peut aussi devenir le miroir de nos responsabilités envers les animaux qui dépendent de nous.

Parler de maltraitance, c’est bien sûr dénoncer les violences les plus graves. Mais c’est aussi apprendre à reconnaître les négligences, remettre en question certaines pratiques et mieux comprendre les besoins du chien.

Chez les lévriers, la souffrance peut prendre des formes très différentes. Certains sont exploités pour leurs performances, d’autres abandonnés lorsqu’ils ne correspondent plus aux attentes placées en eux.

Le Whippet reste heureusement moins exposé à certaines de ces réalités. Pourtant, sa popularité ne le protège ni de la méconnaissance, ni des méthodes brutales, ni de l’abandon.

Chez lui comme chez tous les chiens, la bientraitance commence par l’attention portée à son corps, à ses émotions et à sa façon de communiquer.

Alors, le 26 août, partageons bien sûr les plus belles photographies de nos compagnons. Mais profitons aussi de cette visibilité pour informer, soutenir une structure sérieuse ou transmettre une ressource utile. Chaque geste ne sauvera peut-être pas un chien à lui seul. Mais chaque regard mieux informé rend une souffrance un peu moins facile à ignorer.

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